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Paris : Anne Hidalgo annonce « le chantier du siècle » sur la rénovation énergétique

La Mairie de Paris a présenté son plan Climat et annoncé une nouvelle aide, en cours d’élaboration, destinée aux occupants des logements des derniers niveaux, appelée « 1.000 toits anti-surchauffe »


Paris : Anne Hidalgo annonce « le chantier du siècle » sur la rénovation énergétique
Paris : Anne Hidalgo annonce « le chantier du siècle » sur la rénovation énergétique

« Il y a des températures qui dépassent déjà de 2,3 degrés l’ère préindustrielle, c’est énorme. Cela pose la question de notre survie, de l’habitabilité de nos villes, de la planète. » En présentant le plan Climat de la Ville de Paris, sa maire, Anne Hidalgo, a donné le ton. Il va falloir « agir vite et aller encore plus loin », malgré quelques bonnes nouvelles : les émissions locales de Paris ont diminué de 36 % depuis 2004, et la ville n’est pas restée immobile : près de 10 milliards d’euros ont été dépensés pour le climat depuis 2014, assure Anne Hidalgo, qui veut accélérer notamment sur la rénovation énergétique des bâtiments.


« C’est le plus gros arbitrage financier, avec 350 millions d’euros investis en 2023 pour rénover le logement social (dont un quart qui seront dépensés par la ville, soit 70 millions, le reste par les bailleurs sociaux) », explique Jacques Baudrier, adjoint au logement et à la rénovation du bâti. Logique, puisque le bâtiment est le premier secteur en matière d'émissions locales de gaz à effet de serre, avec 72 % des émissions locales du territoire, selon ce nouveau plan climat. 60.000 logements sociaux ont déjà été rénovés ou sont en passe de l’être, sur un total de 250.000, avec un objectif actuel de près de 5.000 par an (et en moyenne plus de 4.200 effectivement réalisés en 2022). Mais c’est sur le front du privé que le Plan climat présenté mercredi à la mairie veut accélérer. Parmi les 500 mesures pour « atteindre la neutralité carbone à horizon 2050 et respecter ainsi les objectifs de l’Accord de Paris », Dan Lert, l’adjoint à la transition écologique, en charge du plan climat, annonce vouloir « tripler voire quintupler le nombre de logements privés qui vont être rénovés ».


Comment passer de 2.000 à… 40.000 logements rénovés


Aujourd’hui, seuls 2.000 à 2.500 logements privés font l’objet de travaux de rénovation énergétique chaque année à Paris, alors qu’il en faudrait 40.000 d’ici 2030 pour respecter la trajectoire des accords de Paris, dessinée dans la Stratégie nationale bas carbone de la France. « C’est loin de répondre aux enjeux colossaux », critique Valérie Montandon, du groupe Changer Paris. « On en fait beaucoup plus que partout ailleurs, s’il y avait des JO de la rénovation, on décrocherait la médaille d’or ! lui répond Jacques Baudrier. On va passer à 10.000 à 12.000 chantiers par an, d’ici 2026. Après il faudra encore qu’on multiplie par trois ou quatre d’ici 2030. » Un chantier qui paraît titanesque, le « chantier du siècle » selon Anne Hidalgo.


Pour garantir dans un premier temps ce saut de grande ampleur de 2.000 à 10.000 logements privés rénovés, la mairie s’appuie sur le boom des inscriptions sur sa plateforme Coachcopro, la plateforme d’aide à la rénovation énergétique de la Mairie de Paris. Déjà, en décembre dernier, l’Agence parisienne du climat, qui la gère, indiquait avoir « dix fois plus » d’inscriptions que l’année précédente sur le même mois. « On constate un intérêt beaucoup plus important par rapport à quatre ou cinq ans auparavant et même par rapport à il y a un an. On connaît une envolée complète du recours à notre service, c’est multiplié par sept par rapport à il y a deux ans et par dix par rapport à il y a dix ans », relate Frédéric Delhommeau, directeur habitat et rénovation de l’agence.



Reste à charge zéro


« Nous allons faire en sorte que chaque copropriétaire modeste puisse avoir un reste à charge zéro », a lancé Dan Lert lors de la conférence de présentation du plan climat. C’est déjà quasiment le cas, précise Jacques Baudrier, notamment grâce à l’augmentation des aides de l’Etat via MaprimeRenov et à l’exonération de la taxe foncière décidée pour ces copropriétaires par la Mairie de Paris, qui s’ajoutent aux aides existantes.


Pour aller encore plus loin, la mairie concède avoir besoin de lever certains freins liés à la lourdeur des processus de décisions au sein des copropriétés. « Nous demandons qu’il n’y ait plus de minorité de blocage qui soit possible », détaille à 20 Minutes Emmanuel Grégoire, le premier adjoint. Il faut aussi, selon la mairie, mieux informer les copropriétaires, ce pourquoi Anne Hidalgo compte réunir tous les syndics dès la semaine prochaine pour leur demander de signer une charte d’engagements réciproques, avec comme objectif qu’une information soit présentée chaque année lors des assemblées générales. « Il y a des syndics qui ont fait perdre la possibilité à leurs copropriétaires d’être exonérés de taxe foncière car ils ne les ont pas informés à temps », déplore Anne Hidalgo.


Des rénovations plus lourdes pour les crèches et écoles


Sur le front du logement social, la mairie ne compte pas accélérer le rythme. Elle veut en revanche poursuivre le travail sur les crèches et les écoles, qui va connaître une nouvelle phase. Alors que les travaux étaient jusque-là réalisés l’été, pendant les périodes de congés, les travaux à venir, plus lourds et intervenant sur tous les champs de la rénovation, vont nécessiter de fermer les écoles et crèches concernées pendant un ou deux ans. L’objectif est de rénover environ trente écoles et dix crèches de cette manière chaque année.


« On a fait jusqu’à présent les bâtiments les plus faciles, ceux avec lesquels on pouvait gagner facilement des gigawatts. Mais on arrive à une situation dans laquelle si on continue avec des écoles qui fonctionnent toute l’année, on n’arrivera pas à remplir nos objectifs, vu la complexité des chantiers. Avant c’était de l’artisanal, aujourd’hui on passe au mode industriel complet », explique Jacques Baudrier.


Une aide pour les derniers étages en danger pendant les canicules


Enfin, et c’est sans doute la vraie nouveauté dans ces annonces sur le plan de la rénovation énergétique, la mairie a annoncé une nouvelle aide, en cours d’élaboration, destinée aux occupants des logements des derniers niveaux. Appelée « 1.000 toits anti-surchauffe », cette aide permettrait aux personnes les plus exposées aux canicules de mener des travaux d’isolation, alors même que Paris est pointée du doigt comme la ville la plus mortelle d’Europe en cas de canicule. 80 % des toits de Paris sont en zinc, et ces toitures de métal deviennent de vrais fours quand le soleil tape, particulièrement pour celles et ceux qui vivent juste en dessous En période de très forte chaleur, habiter sous les toits multiplie le risque de mortalité par quatre, selon une étude sur la canicule de 2003. « 75 % de l’impact solaire est sur le dernier étage, isoler les toits c’est une problématique de santé majeure », confirme Jacques Baudrier, qui affirme travailler sur un service pour celles et ceux qui ne voudraient rénover que sur cet aspect-là.


La mairie compte aussi peindre 40.000 mètres carrés de toits en blanc, pour diminuer l’effet de surchauffe sur ces toits. La technique est peu coûteuse et a déjà prouvé son efficacité.


Source: 20minutes



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