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Remaniement : Lecornu, Darmanin, Le Maire… Quelles pistes pour remplacer Borne à Matignon ?

L’annulation du Conseil des ministres de rentrée, ce mercredi, a relancé les rumeurs sur un changement de gouvernement



Une mystérieuse annulation a relancé la machine à supputations. Le Conseil des ministres de rentrée, prévue ce mercredi, a été reporté à la semaine prochaine par l’Elysée, sans justification. Un changement de dernière minute qui a fait ressurgir les rumeurs d’un remaniement, pressenti déjà depuis plusieurs mois. D’autant qu’Emmanuel Macron a « particulièrement » remercié Élisabeth Borne lors de ses vœux présidentiels dimanche soir. Un hommage appuyé en signe d’adieu ?


Avec sa promesse de faire de 2024 une « année de détermination », le chef de l’Etat pourrait être tenté de changer de Première ministre. 20 Minutes fait le point sur les pistes possibles dans une telle hypothèse.


Bruno Le Maire, le taulier



L’argument pour : Son nom est régulièrement cité quand il s’agit de remplacer Elisabeth Borne. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, est en place à Bercy depuis l’élection d’Emmanuel Macron… en 2017. Une longévité qui en fait un des poids lourds de la Macronie. L’ex-diplomate a également une solide expérience ministérielle, puisqu’il a été ministre de l’Agriculture et secrétaire d’Etat aux affaires européennes sous Nicolas Sarkozy.


Il jouit d’une bonne popularité auprès des Français, et a l’avantage de venir de la droite sans être pour autant détesté par ses anciens collègues des Républicains. Pas anodin lorsqu’il faudra compter sur les voix LR pour trouver une majorité.


La limite : BLM ne cache plus vraiment ses ambitions, ce qui irrite parfois Elisabeth Borne. « Il lorgne sur Matignon », sourit un macroniste qui le rencontre régulièrement. Et même sur 2027 ? Une attitude qui pourrait agacer le président.


Gérald Darmanin, le politique



L’argument pour : Le ministre de l’Intérieur coche peu ou prou les mêmes cases que son homologue de Bercy. Influent, expérimenté, venu de la droite… Un profil très politique ne serait ainsi pas négligeable pour batailler au Parlement et mener la délicate campagne des européennes en juin.


D’autant que Gérald Darmanin a mené une offensive médiatique importante l’été dernier, n’hésitant pas à critiquer à demi-mot Elisabeth Borne. « Il a simplement dit ''attention au langage techno'', car lui incarne une fibre sociale et populaire », assure un député proche. « Il fait partie de ceux qui bougent.


C’est bien de secouer un peu le cocotier », ajoute un autre élu. De quoi esquisser, en creux, un profil anti-Borne pour Matignon.


La limite : Il a perdu beaucoup (trop ?) de plumes sur le projet de loi immigration, rejeté au préalable par l’Assemblée, puis finalement adopté en fracturant sa majorité.


Christine Lagarde, l’experte



L’argument pour : Poussée par Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde aurait déjà été sondée l’été dernier pour Matignon. L’ancienne ministre de l’Economie est à la tête de la Banque centrale européenne depuis 2019, après avoir été directrice du Fonds monétaire international à Washington pendant huit ans. Une crédibilité internationale sur les sujets économiques, un fort attachement à l’Union européenne, et ce côté « fluent in english » qui en font une candidate sérieuse pour plaire à Emmanuel Macron.


La limite : Son profil « techno » et « élite mondialisée » pourrait relancer ces éternelles critiques contre Emmanuel Macron.


Sébastien Lecornu, l’outsider



L’argument pour : Plutôt discret, Sébastien Lecornu est devenu ces derniers jours un outsider pour Matignon. Etonnant ? Pas vraiment, car le ministre des Armées est souvent loué par l’ensemble de la majorité. L’ancien élu LR (encore un) gravit pas à pas les marches du pouvoir macronien : d’abord secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, puis ministre des Collectivités territoriales, puis des Outre-Mer. A 37 ans, l’initiateur du grand débat national post- « gilets jaunes » est apprécié par Emmanuel Macron. Suffisant pour décocher Matignon ?


La limite : Peu connu des Français, Lecornu a-t-il assez de poids politique pour diriger Le Maire ou Darmanin ?


Gabriel Attal, le bon élève



L’argument pour : Ces derniers mois, il n’a cessé de grimper dans les enquêtes d’opinion. Gabriel Attal devance désormais Edouard Philippe dans plusieurs sondages comme personnalité politique préférée des Français. A 34 ans, l’homme à tout faire de la Macronie est déjà passé par le porte-parolat, le secrétariat de la Jeunesse et les Comptes publics. Depuis cet été, il est devenu le plus jeune ministre de l’Education nationale et sature l’actualité avec des dossiers très médiatiques, comme le harcèlement à l’école ou l’interdiction de l’abaya. S’il rejoignait Matignon, il obtiendrait un nouveau record, celui du plus jeune Premier ministre, détenu par Laurent Fabius, chef du gouvernement à 37 ans.


La limite : A peine installé à l’Education nationale, on voit mal Emmanuel Macron l’envoyer dans l’enfer de Matignon.


Elisabeth Borne, la continuité



L’argument pour : On ne compte plus les fois où l’on a annoncé sa fin à Matignon. Elisabeth Borne a su faire le dos rond pour se maintenir en poste, malgré une réforme des retraites massivement contestée dans la rue et au Parlement, et un texte immigration qui a fait imploser sa majorité.


Qu’importe, la cheffe du gouvernement est actuellement dans la jungle guyanaise auprès des forces armées. Une manière de montrer qu’elle reste à la tâche en dépit des rumeurs.


La limite : Elisabeth Borne a échoué à trouver une majorité à l’Assemblée nationale, objectif pourtant fixé par le président de la République. Le « nouveau cap » promis par Emmanuel Macron pourrait se faire sans elle.


X, la surprise du chef


L’argument pour : Et si Emmanuel Macron sortait une nouvelle fois un nom insoupçonné du son chapeau ? C’est la stratégie qu’avait choisie le chef de l’Etat en juillet 2020 avec la nomination de Jean Castex, alors inconnu du grand public. Simple maire de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, l’énarque s’était surtout fait connaître par des missions de l’ombre, , notamment la délicate question du déconfinement.


La limite : Les bons profils ne sont pas légion. Pas certain non plus que le contexte politique explosif pousse Emmanuel Macron à choisir un profil moins politique encore qu’Elisabeth Borne.


Source: 20minutes

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